DBSP STOP AU SEXISME EST UNE ASSOCIATION DE LUTTE CONTRE LES VIOLENCES SEXISTES ET SEXUELLES DANS L’ESPACE PUBLIC

8 mars : 3 féministes et 6 bouquins​

8 mars : 3 féministes et 6 bouquins

Portraits : 3 féministes qui ont marqué l’Histoire

Parcourons le temps et le monde pour découvrir ou redécouvrir trois femmes inspirantes au caractère bien trempé. Qu’elles aient contribué à la construction du mouvement féministe ou questionné la société sur la place réservée à la gent féminine, ces femmes aux parcours très différents nous interrogent sur les féministes d’aujourd’hui et de demain.

dessin représentant Christine de Pisan en train d'écrire

CHRISTINE DE PISAN (1364 – 1430)

Considérée comme la première écrivaine rédigeant en langue française à vivre de son talent littéraire, Christine de Pisan a bouleversé les normes médiévales avec ses œuvres et ses choix de vie audacieux.

Sa pierre à l’édifice : Son ouvrage La Cité des dames, paru en 1405 est l’un des premiers ouvrages féministes connus. Dans son récit, elle décrit une ville fortifiée fantasmée dont chaque pierre serait une femme douée de talents. Ce parti pris répond à une croyance de l’époque selon laquelle les connaissances et le savoir pervertissent les femmes. Ce texte audacieux permettra d’ouvrir le débat sur l’accès à l’éducation pour les filles et l’égalité des chances pour exercer un métier. Un combat qu’elle appliquera à sa vie personnelle. Après avoir été mariée à l’âge de 15 ans avec un notaire et secrétaire du roi Charles Quint, Christine de Pisan se retrouva 10 ans plus tard veuve avec 3 enfants à charge. 

La solution conventionnelle et attendue de l’époque aurait été de se remarier, mais ce ne fut pas sa décision. Elle décida de cumuler plusieurs emplois dans l’univers littéraire pour subvenir seule aux besoins de sa famille. Une révolution pour l’époque qui ouvrit la discussion sur la place de la femme dans la société médiévale. Un sujet qu’elle porta et défendit jusqu’à la cour française dans le cadre de son rôle de critique sociale et littéraire.

portrait photographique de Clara Zetkin

CLARA ZETKIN (1857 – 1933)

Si vous vous demandiez à qui nous devions la Journée internationale des droits des femmes, vous avez maintenant la réponse. Fondatrice du journal socialiste féministe Die Gleichheit (“L’Égalité”), Clara Zetkin est une figure emblématique de la lutte féministe du XXe siècle.

Sa pierre à l’édifice

Professeure en langues étrangères et militante du parti socialiste d’extrême gauche allemand, Clara Zetkin s’investit dans le mouvement féministe dès ses débuts.
Elle fondera en 1892 le journal socialiste féministe Die Gleichheit (“L’Egalité”) qui deviendra le journal officiel de l’Internationale socialiste des femmes. Cette organisation, impulsée par Clara à Stuttgart en 1907, a pour objectif de rassembler les différents partis féministes notamment lors de congrès avec plus de quinze pays différents représentés. C’est au congrès de Copenhague en 1910 que Clara Zetkin proposa d’organiser chaque année une Journée internationale des femmes qui se tiendra chaque 8 mars.

Tenue par ses convictions, Clara Zetkin ira jusqu’à faire de la prison pour défendre ses idées pacifiques en 1915. Elle revendiqua notamment la nécessité que les partenaires d’un couple doivent être égaux en droits, que les deux genres doivent prendre part de façon égale aux tâches ménagères ou encore que le divorce est un droit pour chacun·e.
En 1918, l’Allemagne ouvre le droit de vote aux femmes. Cela permettra à Clara Zetkin d’être élue députée et de mettre ses idées en œuvre. Elle se verra contrainte de quitter ses fonctions et l’Allemagne avec l’arrivée des nazis au pouvoir en 1933.

portrait de meaza ashenafi, militante pour les droits des femmes

MEAZA ASHENAFI (1964 – )

Ancienne juge et désormais avocate, Meaza Ashenafi est une pionnière dans la lutte des droits des femmes en Ethiopie. Elle met son énergie dans son combat pour faire évoluer les lois, les mentalités afin de permettre l’émancipation des éthiopiennes.

Sa pierre à l’édifice : en 1995 Meaza Ashenafi créé l’association “Ethiopian Women Lawyers Association” (“L’association des femmes juristes éthiopiennes”), afin d’offrir une aide juridique aux femmes victimes de violences. L’association met également en place des programmes d’éducation publique et travaille sur des réformes légales afin de faire évoluer le cadre législatif éthiopien.

En 1996, Meaza Ashenafi défendit une jeune adolescente de 14 ans, Aberash Bekele, jugée pour le meurtre de l’homme qui l’a enlevée et violée dans le but de l’épouser. Les enlèvements de jeunes filles sont à cette époque une tradition éthiopienne dans le choix de sa future épouse. La jeune fille risquait 25 ans de prison.

Meaza Ashenafi plaida la légitime défense. En Ethiopie, aucune femme ne s’était vue accorder la légitime défense et ceux peux importe le type de délit. Cette prise de position risquée était un acte courageux et militant contre l’une des plus anciennes traditions éthiopiennes.

Meaza Ashenafi créa un précédent judiciaire qui aboutit en 2004 à l’interdiction de ces enlèvements dans le pays.

Cette histoire a été adaptée sur grand écran en 2015 avec Difret. Le nom du film signifie “courage” mais aussi “viol” en langue ahmarique. Primé aux festivals de Sundance, de Berlin et de Valenciennes, le film a été produit par Angelina Jolie.

Meaza Ashenafi continue ses combats contre les stéréotypes et violences auxquels les femmes sont confrontées dans la société éthiopienne. Elle a notamment contribué à la création de la première banque de femmes d’Ethiopie appelée “Enat” (“maman”) en 2011.

LES FÉMINISTES DE DEMAIN

D’après les sociologues, la génération Z est la première génération pour laquelle le féminisme fait partie de leur ADN. Une génération connectée, dont les convictions sont influencées par des youtubeuses telles que Natoo, des comptes Instagram comme DBSP, Mécréantes ou LanuitremueParis, ou encore des personnalités comme Emma Watson ou Malala Yousafzai auxquelles les jeunes femmes s’identifient. Un signe de plus que les lignes bougent et évoluent !

Cette quête pour l’égalité entre les genres n’a ni couleur, ni genre, ni orientation sexuelle, ni religion ou classe sociale. Nous pouvons parler d’une lutte intersectionnelle pour laquelle la solidarité sera la clé.

En effet, si une chose était à retenir du portrait de ces trois femmes inspirantes c’est que chacun·e d’entre nous avec son histoire, sa personnalité et ses compétences peut jouer un rôle dans la lutte pour les droits des femmes et l’égalité entre les genres.

Chaque pierre compte pour construire cet édifice idéal d’une société anti-patriarcale. Il n’y a pas d’actions trop petites, moins importantes ou de féminisme type. Par conséquent, aucun complexe à avoir pour s’engager avec ses moyens, ses envies et défendre ses convictions.

La question est donc : quelle pierre allez-vous poser?

Recommandations lectures

couverture du livre tout le monde peut être féministe de bell hooks

Tout le monde peut être féministe – bell hooks

bell hooks est une autrice américaine. Décédée en décembre 2021, elle laisse derrière elle une œuvre abondante sur le black feminism et le féminisme révolutionnaire. Tout le monde peut être féministe est un livre  très accessible, facile à lire, qui pose les bases du féminisme comme mouvement visant a mettre fin à l’exploitation et l’oppression sexiste.

Sororitésous la direction de Chloé Delaume, avec Juliette Armanet, Lauren Bastide, Iris Brey, Estelle-Sarah Bulle, Rébécca Chaillon, Jeanne Cherhal, Alice Coffin, Camille Froidevaux-Metterie, Kyémis, Lola Lafon, Fatima Ouassak, Ovidie, Lydie Salvayre et Maboula Soumahoro.

Un recueil de textes de quatorze autrices à mettre dans chaque bibliothèque. Ce livre propose une révolution féministe à travers le prisme de la sororité et de la diversité. Des récits et des textes qui nous sont offerts par des femmes combatives aux vies et aux talents incroyables.

couverture de l'ouvrage collectif sororité dirigé par chloé delaume
couvertures des tomes et de la bande dessinée culotees par pénélope bagieu

Culottées (Tome 1 & 2) – Pénélope Bagieu

Certain.e.s d’entre vous en ont surement déjà entendu parler ou les ont même peut-être déjà lus. Cette BD déclinée en 2 tomes est l’une des meilleures façons de découvrir des portraits de femmes aux destinées incroyables. Des femmes fortes et profondément féministes sublimées à merveille par Pénélope Bagieu. 

 

Feu – Dirigé par Elsa Dorlin

Un abécédaire féministe dirigé par Elsa Dorlin dans lequel beaucoup de figures fortes du féminisme telles que Assa Traoré, Adèle Haenel, Fatima Ouassak ou encore Ovidie nous offrent leurs visions des “féminismes présents”. Les récits de ces expériences singulières ou collectives avec le féminisme peuvent résonner avec chacun.e d’entre nous.

couverture de l'abecedaire du feminisme feu coordone par elsa dorlin
couverture du livre bad feminist de roxane gay

Bad Feminist – Roxane Gay

Existe-t-il une “bonne manière” d’être féministe ? Sans vouloir vous spoiler, la réponse est non. C’est tout le sujet de cet essai de Roxane Gay qui expose certaines contradictions auxquelles nous pouvons faire face dans la pop culture ou dans notre vie quotidienne vis à vis de notre propre conception du féminisme.

Rage against the machisme – Mathilde Larrère

Intéressé.e par l’histoire des femmes ? Mathilde Larrère, historienne et spécialiste des révolutions du XIXème siècle, aborde ici deux siècles de luttes sociales et féministes, du droit de vote au syndicalisme, en passant par les droits reproductifs. La présence de slogans d’hier et d’aujourd’hui et les illustrations de Fred Sochard ajoutent au dynamisme de l’ouvrage, à mettre entre toutes les mains !

couverture du livre rage against the machisme de mathilde larrere

Sources :

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